Les pertes d’emplois se multiplient : le Canada est en récession


JANVIER 2009 - FAITS SAILLANTS
• Le marché du travail canadien a perdu 34 400 emplois en décembre 2008. Avec les pertes observées en novembre, un total de 105 000 emplois a été perdu en deux mois.
• Le taux de chômage est passé de 6,3 % à 6,6 %.
• Toutes les provinces à l’exception de l’Ontario (léger gain de 1 800 postes) ont subi un recul de l’emploi en décembre. Il faut dire que l’Ontario avait été particulièrement touché en novembre avec une perte de 66 000 emplois. En moyenne, l’Ontario affiche donc l’une des tendances les plus défavorables concernant le marché du travail.
• Le secteur de la construction se démarque avec une perte de 44 300 postes. Visiblement, la diminution de l’investissement résidentiel observée depuis quelques mois se répercute au sein du marché du travail.
• L’année 2008 se solde par un gain net de 98 300 postes grâce à une création d’emplois significative durant les neuf premiers mois. Il s’agit néanmoins d’une progression nettement inférieure à celles des années précédentes, soit 350 600 postes en 2006 et 358 100 postes en 2007.
• Cela dit, les pertes d’emplois au sein du secteur de la fabrication ont été moins prononcées en 2008 (32 300 postes) qu’en 2007 (129 600 postes).
• En moyenne, le taux de chômage s’est élevé à 6,1 % en 2008, un niveau similaire à celui de 2007 (6,0 %).

COMMENTAIRES
Les importantes pertes d’emplois enregistrées en novembre et en décembre marquent sans contredit un changement de tendance au sein du marché du travail canadien. Alors qu’une création d’emplois soutenue avait été observée dans les neuf premiers mois de l’année, et ce, en dépit d’un ralentissement manifeste de l’activité économique, le début vraisemblable d’une récession à l’automne a forcé les entreprises à réduire leur main-d’oeuvre. Il est d’ailleurs à noter qu’une perte d’emplois de cette ampleur sur une période de seulement deux mois ne s’était pas concrétisée depuis la récession du début des années 80.

Comme la récession devrait se poursuivre jusqu’à la mi-2009, il est à craindre que d’autres pertes d’emplois surviennent dans les mois à venir. En fait, les difficultés du marché du travail pourraient se prolonger au moins jusqu’à l’automne prochain en raison du caractère retardataire de l’emploi.

Le taux de chômage augmentera davantage et pourrait atteindre un sommet entre 7,5 % et 8,0 %. Rappelons que le taux de chômage avait atteint un creux historique de 5,8 % à la fin de 2007.
La situation du marché du travail demeurera toutefois en meilleure posture que lors des deux récessions précédentes. Le taux de chômage avait atteint un sommet cyclique de 13,0 % au début des années 80 et il avait grimpé jusqu’à 12,1 % lors de la récession du début des années 90.

Selon Benoit P. Durocher, Économiste senior chez Desjardins, les récentes difficultés du marché du travail confirment que l’économie canadienne a bel et bien entamé une récession au quatrième trimestre de 2008. Il faut s’attendre à ce que le gouvernement poursuive ses actions afin de limiter la contraction de la production. La Banque du Canada annoncera d’autres baisses des taux d’intérêt directeurs, et le budget fédéral du 27 janvier prochain comportera plusieurs mesures visant à stimuler la croissance.

(SOURCE : Nouvelles économiques - 9 janvier 2009/ Desjardins Études Économiques)



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