Conciliation travail-famille : le déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie familial s’est aggravé au cours des dix dernières années


Ottawa, le 15 janvier 2009 - L’Institut Vanier de la famille a rendu public deux rapports dressant un portrait inquiétant des problèmes rencontrés par les Canadiens cherchant à atteindre un équilibre à la fois sain et efficace entre leur vie professionnelle et leurs responsabilités familiales.

Selon l’auteur du  rapport, intitulé Conciliation travail-famille : qu’en savons-nous vraiment?, Jacques Barrette, malgré toute l’attention portée à la question et les efforts de sensibilisation menés par de nombreux organismes, le déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale s’est aggravé au cours des dix dernières années. Parmi ses constats, notons que :

44 % des Canadiens sont d’avis que leur travail a des répercussions négatives sur leur vie familiale, compte tenu des changements économiques, technologiques et sociaux ayant complètement transformé le monde du travail et accentué les pressions qui s’exercent sur
les parents et leur familles;
les pratiques de gestion visant à augmenter la productivité et la compétitivité peuvent mener au surmenage professionnel. S’il est vrai que, d’une part, Internet, le téléphone cellulaire et le Blackberry facilitent la communication, il n’en demeure pas moins que ces mêmes outils permettent également au monde du travail d’empiéter de façon de plus en plus marquée sur la vie de famille;
le pourcentage de parents peinant à concilier travail et famille augmente de manière continue depuis 1996 et, d’après les études s’intéressant au sujet, s’élève maintenant entre 46 % et 61 %.

À cela s’ajoute un autre rapport, Vie familiale et vie professionnelle : un équilibre précaire, préparé par M. Roger Sauvé, collaborateur respecté de l’Institut Vanier. Sa recherche, s’attarde aux principaux indicateurs d’emploi pour démontrer que le temps passé en famille a diminué au profit du temps consacré au travail. L’auteur estime que, au cours des deux dernières décennies, les Canadiens ont réduit d’environ cinq semaines le temps passé avec leur famille, et ce, pour des raisons liées à leur emploi. Plus de gens font maintenant des heures supplémentaires, le temps de transport entre la maison et le travail a augmenté et les entreprises font constamment l’objet de réorganisation et de restructuration visant à améliorer leur efficacité. Il souligne en outre que ces changements s’ajoutent à d’autres facteurs qui mènent à une augmentation de l’insatisfaction chez les employés de même que des absences pour maladie ou raisons familiales; or, l’absentéisme coûte entre 3 et 5 milliards de dollars par année à l’économie du pays.

Le directeur exécutif de l’Institut Vanier de la famille, M. Clarence Lochhead  lance un avertissement : « Compte tenu de la récession actuelle et du degré d’importance accordé, de manière bien compréhensible, à la perte d’emplois, il existe un risque considérable que, dans le milieu des affaires, d’autres questions prennent le pas sur l’équilibre travail-famille, ce qui serait une erreur. Il ajoute : Il faut se rappeler que le succès de nos entreprises et la sécurité de nos emplois dépendent au bout du compte d’une relation saine et viable entre vie professionnelle et vie de famille. C’est là un constat incontournable, aussi bien dans un contexte économique difficile que dans une période de prospérité ».

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