Selon une étude internationale, les entreprises canadiennes devront améliorer leurs opérations en milieu de travail dans plusieurs secteurs critiques si elles souhaitent rester compétitives


MONTREAL, le 22 janvier 2009 - Parce qu'elles tirent de l'arrière vis-à-vis leur contrepartie des grandes nations industrielles en termes de gains de productivité, les entreprises canadiennes devront améliorer leurs opérations en milieu de travail dans plusieurs secteurs critiques si elles souhaitent rester compétitives, selon une grande étude internationale.

La firme-conseil Proudfoot a dévoilé aujourd'hui le Rapport sur la productivité canadienne, une analyse extraite de son Étude mondiale de la productivité. Les données du rapport comparent l'efficacité en milieu de travail du Canada à celle d'entreprises dans 11 autres pays : Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne, Russie, Afrique du Sud, États-Unis, Brésil, Inde, Chine et Australie. Proudfoot est le chef de file mondial des firmes-conseils en gestion des opérations.

Le rapport canadien révèle que seulement 11 % des entreprises d'ici réalisent des gains de productivité de 15 % et plus (soit la catégorie des meilleurs performants) comparé à 22 % des entreprises à l'échelle internationale. De plus, bien que les gestionnaires canadiens estiment être capables d'accroître leur productivité de 13 % au cours des deux prochaines années, ils ne s'attendent qu'à des gains réels de 8 %, soit 42 % de hausse potentielle laissée sur la table.

"La performance peu étincelante du Canada est attribuable à plusieurs facteurs, notamment le faible niveau de formation offerte au personnel et gestionnaires, une plus grande lenteur dans la prise de décision ainsi que des problèmes de communication interne dans les organisations canadiennes," a déclaré Jon Wylie, directeur de Proudfoot au Canada.

Tandis que les dirigeants d'entreprises canadiennes perçoivent la pénurie de main-d’œuvre comme étant l'obstacle principal à la réalisation de gains de productivité, le rapport révèle qu'ils sont parmi ceux qui offrent le plus bas niveau de formation. Les travailleurs canadiens reçoivent en moyenne huit journées de formation par année, le deuxième plus bas niveau des 12 pays étudiés et 25 % moins élevé que la norme mondiale.

Par ailleurs, l'importance de la formation n'est pas largement partagée puisque seulement 55 % des gestionnaires canadiens sondés affirment que les besoins en formation au sein de leur entreprise sont régulièrement revus et évalués, le plus bas niveau de toute l'étude.

"Si le bassin de main-d’œuvre ne dispose pas des compétences requises, c'est aux entreprises de prendre en charge la formation et le développement des habilités pour maintenir leur compétitivité. C'est là un des points faibles du Canada," a souligné M. Wylie.

Fait à noter, les gestionnaires canadiens citent le roulement élevé du personnel et la faible motivation des employés parmi les problèmes significatifs. "Le recrutement, la rétention et la motivation sont liés de façon étroite à une formation efficace et aux communications internes," d'expliquer M. Wylie. Selon le rapport, les gestionnaires canadiens ont plus tendance qu'ailleurs à anticiper que le roulement du personnel va empirer au cours des prochains 12 mois.

D'après l'étude, le Canada figure à l'avant-dernier rang pour la facilité avec laquelle l'information circule au sein de l'entreprise. Ce facteur d'inefficacité pourrait indiquer la présence d'une bureaucratie excessive, un facteur contributif majeur à la lenteur de prise de décision corporative au pays. Seulement 63 % des gestionnaires canadiens affirment que les décisions se prennent rapidement dans leur entreprise, ce qui place le Canada au 9e rang sur 12.

La bonne nouvelle est que les Canadiens sont davantage ouverts au changement. D'après l'étude, seulement 7 % des gestionnaires canadiens identifient la résistance au changement en tant que barrière à la productivité. Ce niveau est le plus faible de tous les pays sondés. Par ailleurs, seulement 5 % des gestionnaires canadiens observent un manque de désir pour le changement parmi les gestionnaires seniors.

"Une productivité accrue est essentielle pour attirer des investissements, voir les entreprises et l'économie grandir et atteindre le niveau de vie et d'emploi auquel les Canadiens aspirent. A l'heure actuelle, nous perdons du terrain. Pour combler le retard, il faut apprendre à courir plus vite," de conclure M. Wylie.

 

À propos de l'Étude mondiale de productivité

Le Rapport Proudfoot sur la productivité mondiale est une source d'information privilégiée sur la productivité mondiale, reprise par les médias et respectée dans les milieux d'affaires. Le rapport 2008 est basé sur des entrevues menées auprès de 1 275 gestionnaires dans 12 pays qui couvrent huit secteurs économiques, avec les plus hauts dirigeants d'entreprises œuvrant dans ces marchés, le tout complété par des analyses de données obtenues par le biais des mandats de Proudfoot à travers le monde.

2008- La productivité au Canada

2008- Canadian Productivity Report



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